Je ne suis qu'un citoyen
dans cette médiocratie
et voit chaque jour mon pays
foncer droit vers le ravin
jusqu'ici je disais rien
espérant de meilleurs lendemains.
mais là je monte au creneau
pour défendre rodolphe belmer
dont nico voudrait la peau
et accessoirement les faire taire
Mais si tu touches au guignols
je t'éclates les roubignolles !
Je ne suis pas un méchant
mais faudrait pas m'enerver
toucher a des resistants
c'est toucher à ma liberté
mais si tu touches aux guignols
je t'éclates les roubignolles !
Il fallait que tu sois prevenu
ils s'ront jamais abattus
et si quand même tu le fais
alors je prendrais le relais
mais si tu touches aux guignols
je téclates les roubignolles !
Retourne donc te doucher
histoire qu'tu sois propre sur toi
il ne faudrait pas gacher
ce s'rait scandaleux a c'prix là
mais si tu touches aux guignols
je t'éclate les roubignolles !
ton fiston a du métier
il saura bien se défendre
à moins qu'il ait mitonné
et ca ne vas pas m'surprendre
mais si tu touches aux guignols
je t'éclate les roubignolles !
Voici une petite nouvelle sans aucun lien avec le Projet Terra, mais elle me plaisait cette histoire.
La fuite de Terris avait été traumatisante. Surtout, le fait de se dire que de nombreux terriens étaient condamnés, laissait les survivants dans un état de choc extrême. Eux qui n’avaient jamais connu la guerre et les conflits. Ils avaient perdus beaucoup plus que leur planète en trois jours. Leur vie, leurs espoirs, leurs certitudes avaient été détruites, anéanties à tout jamais, et il ne restait aujourd’hui que la peur. La peur de l’avenir, et l’angoisse de ce qu’il cachait.
Dan Veins, capitaine du Celtica, le troisième vaisseau cargo qui avait pris la fuite avec Tavert Elling, tentait de rester calme. L’incident qui venait d’arriver le plongea dans une intense réflexion.
-Navigateur, pouvez-vous me dire où sommes-nous ?
-Je suis sincèrement navré, répondit calmement EIA 213, il semble que nous ne soyons plus en espace normal. L’ordinateur de bord m’indique même que notre position est… anachronique.
-Pardon ?
-Il semble que nous ayons échappé au temps et à l’espace. Cette anomalie nous a aspirés avec elle dans une autre dimension.
-Avons-nous à bord des scientifiques dans ce domaine ?
-En effet, nous avons l’un des responsables du projet Galactica, le programme chargé de construire les portes de transports.
-Appelez-le. Et Appelez les autres aussi, nous allons avoir besoin de toutes les connaissances possibles. Je crains que nous ne soyons perdus ici pour un moment.
***
-Ne pouvons-nous rien faire ?
-Malheureusement capitaine, toutes nos tentatives de sortie du Sub-espace nous ramènent ici. Nous pensons que cette dimension est fermée sur elle-même.
-Mais cette anomalie…
-Le tube temporel a malheureusement disparu, et nous tentons d’en rematérialiser un autre, cependant… je crains que cela ne servent à rien. Cette dimension est comme une nasse, elle laisse rentrer, mais pas sortir.
Ce n’était pas le moment de paniquer, et Veins le savait parfaitement. Les passagers étaient tous très anxieux, et craignaient pour leur vie, et à vrai dire, Veins aussi. Le scientifique qui lui faisait face ne lui donnait plus de réponses à ses interrogations et celui-ci était tout aussi dépassé.
-Il se peut, reprit l’homme, que la commande que j’ai conçu puisse contrôler le tube temporel, cependant, nous devrons d’abord sortir de cette dimension.
-Et nous ne pouvons pas, n’est-ce pas ?
-En fait, nous ne savons pas comment le contacter… Je suis aussi perdu que vous capitaine. Moi et mon équipe travaillons d’arrache-pied pour comprendre mais…
-Je sais pas Frédéric, je sais bien. Ne pouvons-nous pas concevoir une autre porte ?
-Je ne sais pas. Je vais voir ce que nous avons dans le hangar à matériaux.
-Faites au mieux…
***
Enfin ! Les passagers étaient tous rassemblés dans le hangar. Le scientifique terminait les derniers réglages. Combien de mois s’étaient déroulés depuis leur arrivée dans le sub-espace ? Des mois, peut-être une année ou deux. Une éternité. La porte de transport se dressait devant les terriens, qui espéraient tous voir une porte de sortie de ce cauchemar. Le scientifique donna les derniers détails.
-Nous allons activer la porte, une fois ouverte, nous n’aurons que quelques minutes pour passer, je ne suis pas certain que les réserves d’énergies du vaisseau tiendront assez longtemps, aussi, je vous conseille de ne pas trainer.
Sous l’assentiment général, il composa les coordonnées sur le panneau de contrôle.
***
-Que nous est-il arrivé ?
-Je ne comprends pas…
-Sommes-nous morts ?
-Nous sommes victimes de nos erreurs.
-Nous nous sommes trompés.
-Nos corps ont été victimes d’une compression dimensionnelle.
-Nous ne faisons plus qu’un.
-Nous devons revenir en arrière.
-Cela n’est pas possible.
-Nous sommes condamnés à vivre ici.
-Qu’est-ce, ici ? Où est-ce ?
-Il semblerait que ce soit le non temps.
-Nous sommes dans une dimension hors du temps et de l’espace.
-Nous avons accès à tout ici. Nous pouvons voir. Et comprendre.
-Nous comprenons.
-Nous voyons.
-Nous savons.
-Mais que sommes-nous ?
-Le passé peut-il nous le dire ?
-Il semble que nous soyons le passé.
-Que pouvons-nous faire ?
-Pour sortir d’ici, il faudrait que quelqu’un d’autre vienne à notre place.
-Il semble que nous soyons à l’origine de tout.
-Le temps est matière. La matière est temps.
-Notre erreur, et notre arrivée ici, a provoquée un cataclysme dans le temps.
-Et dans la matière.
-Nous avons créé la matière et le temps.
-Notre arrivée ici, est responsable de la création de l’univers.
-Mais alors…
-Nous sommes…
-Devons-nous le dire ?
-Sommes-nous destiné à cela ? Pour l’éternité ?
-N’y a-t-il pas d’autre solution ?
-Il faudrait nous empêcher de partir de Terris.
-Il faudrait empêcher la destruction de Terris.
-Il faudrait trouver la personne capable de stopper les Vakkards.
Le non temps s’écoulait. Le silence se fit. Les passagers du Celtica venaient de prendre conscience de ce qu’ils étaient, tous, devenus, en moins d’une seconde. Mais qu’est-ce qu’une seconde, dans l’éternité ? Un battement d’aile, un instant fugace, et pourtant, si long. La matière de leurs corps avait disparu dans l’instant, au moment même où ils pénétraient dans le non temps. Cette irruption avait déclenché une série de réaction en chaine, dont les répercussions sur les dimensions de la réalité avaient été titanesques. La matière avait fait irruption dans le temps.
A Présent, la vie apparaissait, et le temps suivait son cours. Les passagers suivaient tout ceci avec un étonnement grandissant, et une curiosité terrible. Si leur première impression avait été l’effroi, ils étaient aujourd’hui tous d’accord pour convenir que cette situation était agréable, et surtout, leur soif de connaissance était assouvie. Ils apprenaient très vite, et comprenait beaucoup. Cependant, ils n’oubliaient pas qu’ils devaient sauver leur planète. Mais comment faire, comment influencer la matière ?
-Nous pouvons peut-être influencer les esprits.
-Nous sommes la Grande Conscience.
-Nous pouvons peut-être retrouver le tube temporel, et le paramétrer à la commande qui est resté sur le Celtica. Cela nous sera certainement utile dans le futur.
-Si nous échouons…
-Nous devrons revenir.
-Et recommencer.
-Nous devons aussi trouver celui qui pourra stopper les Vakkards.
-Et s’il se trouve dans un autre temps ?
-Alors le tube temporel nous servira bien.
-Elling ne peut-il pas le faire ?
-Nous pensons plutôt à cette guerrière.
-Sa descendante.
-Elle seule aura la puissance nécessaire.
-Son esprit.
-Nous le voyons.
-Un esprit Gengi.
-Comme nous tous.
-Le cycle de l’esprit est étonnant.
-Nous sommes aussi des Gengis.
-Nous devons donc l’attendre.
-Et si elle y parvient ?
-Nous disparaitrons.
-Et la vie ?
-Nous devrons veiller à ce qu’elle revienne.
-Nous devrons construire une machine.
-Qui simulera notre arrivée ici, puisque nous ne reviendrons pas.
-Oui.
-Nous le devons.
-Nous sommes la Grande Conscience.
-Et que nous dit le futur ?
-Nous la voyons.
-Déjà ?
-Elle revient.
-Il faut trouver le moyen de faire revenir la vie.
-Il existe un moyen.
-Nous le voyons.
-Trouvons-les.
-Les cristaux primaires.
-Où sont-ils ?
-Sur des planètes. Ils sont apparus avec la vie.
-Trouvons ceux qui peuvent agir pour nous.
-Trouvons le chemin de la Vie.
-Terris ?
-Elle grandit dans le calme et la paix.
-Elle possède aussi un cristal.
Tous, Elle. Silence. Ils étaient La Grande Conscience. Une entité multiple. Cela était étrange. Ils étaient au centre de tout, au début de tout. Le non temps apportait ses réponses. Ils avaient le temps, enfin, le non temps, de comprendre.
Fin de la troisième chronique.
-J’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre leur comportement.
-Cher collègue, je n’aurais pas dit mieux. Ceci est très étonnant.
-Ils ne sont visiblement pas suffisamment civilisés.
-Je suis bien d’accord, mais maintenant, que faisons-nous ?
-J’avoue que je n’en sais rien. Rentrons d’abord faire notre rapport, nous aviserons ensuite, avec le commandement, de la conduite à tenir.
Les deux hommes avaient atterri quelques heures plus tôt sur cette nouvelle planète du système de Jocaste. Elle avait été découverte il y a peu par les équipes d’explorations primaire, et l’équipe de contact y avait pris pied. Mesure de radiations, étude de l’air ambiant, étude biologique et bactériologique, tous les indicateurs étaient au vert, et les caporaux Biggs et Wedges étaient sortis faire une reconnaissance de terrain, et prendre un premier contact avec la population autochtone.
Les autochtones avaient une vague ressemblance avec les Terriens. Ils étaient assez grands, plutôt minces d’une manière générale. Les femmes semblaient plus petites que les hommes, et plus massives aussi. Leur peau était grise et ils possédaient de grands yeux, la luminosité sur cette planète étant assez faible, puisque leur soleil, une étoile naine, émettait peu de lumière.
Leur technologie était peu avancée, ils n’avaient pas atteint l’ère atomique. Ils utilisaient, comme source d’énergie, une roche hautement calorifique, qui équipait leurs véhicules, et leurs armes.
Au premier village qu’ils avaient trouvé, ils étaient entrés, avaient demandé à parler aux dirigeants. Tout était parti de là. Des hommes armés avaient surgis de nulle part, et avaient commencé à les frapper. D’autres, armés d’arc, et d’autre encore, armés d’armes explosives, tiraient sans s’arrêter.
Au milieu de cette agitation guerrière, les deux hommes, curieux et interloqués, essuyaient les coups sans broncher. Le gouvernement, soucieux de ne pas mettre la vie de ses explorateurs en danger, avait fait mettre au point des boucliers de protections basés sur une nouvelle technologie qui rejetait toute forme d’énergie au moindre contact. Basé sur la technologie des murs électromagnétiques qui protégeait les troupeaux des quelques prédateurs et des intempéries sur Terris. La grande différence était que ces boucliers généraient un champ magnétique couplé à un répartiteur d’énergie électrique à très haute fréquence. Résultat : Aucune matière ne pouvait passer, ni aucune source d’énergie. Chaque agression étaient immédiatement rejeté et détruite. On leur avait rapidement donné le nom de bouclier déflecteur. La batterie, le répartiteur, le générateur et le condensateur haute fréquence tenaient dans un petit sac à dos que les deux hommes portaient.
Alors que les deux hommes n’étaient absolument pas gênés par les tirs et les coups des assaillants, ceux-ci ne semblaient pas s’en émouvoir plus que ça, et, redoublant d’efforts, frappaient de plus belle, sans doute en espérant que leur hargne viendrait à bout de leur protection. Les deux explorateurs firent demi-tour et sortirent du village, toujours frappés de toutes parts. L’un des assaillants tenta même de se jeter sur eux, mais le bouclier le rejeta, provoquant, enfin, une vague de surprise dans l’assemblée.
Les deux explorateurs retournèrent à leur petit vaisseau d’exploration, un véhicule de transport mis au point spécialement pour l’exploration, et équipé, lui aussi d’un bouclier déflecteur, plus puissant, puisque branché sur la source d’énergie du vaisseau. Derrière, une foule grondante et agressive les suivaient de loin, ils n’y prêtèrent aucune attention et entrèrent faire leur rapport.
***
-Alors ?
-Nous devons faire un second essai, puisque nous avons probablement fait une erreur en entrant dans le village, il y a peut-être un protocole à respecter.
-Bon. Retournons-y alors.
-Nous n’aurons pas à aller très loin, cela fait deux jours qu’ils nous surveillent depuis l’entrée de la clairière.
-Oui, ils sont patients.
Les deux hommes sortirent de leur vaisseau. Immédiatement, un hurlement donna l’alerte et ils se retrouvèrent entouré d’une centaine de guerrier armés jusqu’au dents, prêts à en découdre.
-Nous voudrions seulement parler, fit tranquillement Biggs.
-C’est vrai, nous ne sommes pas belliqueux, nous venons en paix.
-C’est très curieux de dire cela, remarqua Biggs, peut-on dire, nous venons en non-paix ? Nous venons en état agressif ?
-En effet, je ne sais pas pourquoi j’ai dit cela, pourtant…
-Il est vrai que cela correspond à notre état d’esprit.
-Si seulement nous pouvions nous aussi être télépathes.
-Il est vrai que cela serait plus intéressant. Cela permettrait d’engager plus facilement des relations diplomatiques.
-Je crois que nous devrions soumettre cette proposition au gouvernement, je suis certain que le Primat aura un avis favorable.
-Il est vrai que cette situation est fâcheuse, vraiment.
-Si je puis me permettre une réflexion, et au vu de leur agressivité, ne pourrions-nous pas dire qu’ils sont tout simplement inintéressants ?
-Mon cher Wedges, je suis tout-à-fait d’accord avec vous.
Pendant qu’ils discutaient ainsi, la foule avait grossie, et l’un des hommes s’était approché d’eux. Il se mit à parler dans un dialecte inconnu. Biggs sortit alors de sa poche, sous les cris d’effroi de la foule, un petit traducteur universel et tendit le bras vers l’homme qui parlait toujours.
-Pourriez-vous répéter s’il vous plait, nous voudrions traduire.
L’homme hurla. Il était visiblement en colère. Il parla d’une voix saccadée et rauque. Le traducteur enregistra et analysa les données. Pendant une longue minute, les deux explorateurs ne bougèrent pas, attendant les conclusions de l’analyse.
L’homme, quant à lui, ne toléra pas ce silence et cette inaction, et, hurlant encore, donna l’ordre d’attaquer. Ce fut immédiatement un déluge de flèches, de tirs explosifs, et de coups d’arme de frappe plus ou moins archaïques. Les deux hommes soupirèrent.
-Grande conscience, ils sont vraiment nerveux !
-Et agités avec ça ! Ne peuvent-ils se calmer et attendre ?
-Vraiment, je crois qu’ils sont véritablement trop jeunes pour entrer en contact avec une autre race intelligente.
-Ah, l’analyseur a fini.
-Ah. Alors ?
-Alors, il nous sommes de partir. Il jure un peu, il invoque des esprits, et il nous redit de partir.
-Ah. Donc vraiment, ils n’ont pas envie de discuter.
-En effet. C’est très fâcheux.
-Bon. Nous allons rentrer.
Les deux hommes, sous le déluge de cris et de tirs, remontèrent tranquillement dans leur vaisseau et décollèrent. Les autochtones furent persuadés de leur victoire, acquise grâce à leurs guerriers fiers et braves. Ils donnèrent dans le village une immense fête en l’honneur des esprits guerriers protecteurs qui les avaient conduit à la victoire.
***
Le rapport des caporaux était encore sur le bureau du Primat quand l’équipe scientifique entra.
-Prenez places, messieurs, fit-il simplement.
Les quatre hommes s’assirent dans les fauteuils blancs qui s’adaptèrent automatiquement à l’anatomie de leurs occupants. Il s’écoula une longue minute avant que le Primat ne s’exprime.
-Messieurs, nous allons revoir notre stratégie d’exploration. Cette première expérience s’avère très intéressante. Il se trouve malheureusement que la population que nous avons rencontrée est très peu évoluée, et donc très peu digne d’intérêt. Mais il n’en sera certainement pas de même pour toutes les autres planètes habitables. Après tout, si nous sommes évolués, et pacifiques, il est tout a fait possible, voire probable, que d’autres races avancées aient suivi le même chemin que nous. Aussi, et puisque l’évolution et la Vie nous dote peu à peu de la télépathie, nous allons nous en servir, pour apporter la paix. Dès l’an prochain, nous aurons des équipes de télépathes à la tête de l’exploration terrestre. Ainsi, nous pourrons plus facilement nouer des liens.
Fin de la seconde chronique
-Vous ressentez des choses ?
-Je dois avouer que c’est très étrange docteur, mais… Je suis capable de ressentir ce que vous pensez… Enfin… C’est comme ça que je le ressens.
-Voici qui est étrange… très étrange… Vous avez mal quelque part ?
-Non.
-Des nausées ?
-Non.
-Nous allons vous scanner. Veuillez prendre place s’il vous plait.
Camert, obtempéra. Le cabinet du docteur de cité était bien construit, en bordure de quartier, dans le calme reposant d’un parc boisé. Les citoyens qui venaient se faire soigner ici étaient accueillis en paix, et le calme du bois environnant était reposant et réconfortant. Le scanner biologique complet, ou SBC, comme il était appelé dans la profession, se trouvait dans une petite pièce aux reflets bleutés. Camert se leva de son fauteuil d’examen et alla s’allonger dans le canal de scan, une sorte de tube de métal, coupé en deux, dans lequel circulaient des milliers de nanotubes et de lasers, chargés de scanner l’intégralité de son corps, et d’en dresser une carte biologique et chimique complète.
La machine travaillât pendant une bonne vingtaine de minutes. Allongé dans le canal, Camert patientait, serein, sous le regard inquiet de son docteur.
-Ne soyez pas inquiet docteur, je me sens très bien.
-Oui, d’accord… Mais tout de même… devenir télépathe… C’est curieux. Et inquiétant.
-Parce que… Je ne suis pas le seul ?
-Non, en effet. Mais comment savez-vous ?
-Ben, je viens de le lire dans votre esprit.
-Voudriez-vous je vous prie éviter de lire dans mon cerveau, j’ai l’impression que c’est assez désagréable.
-Vous sentez ?
-Non, je ne ressens rien, cependant, je trouve cela très incorrect.
-Veuillez m’excuser. C’est que, voyez-vous, j’ai un peu de mal à contrôler cela, en fait, vous pensez des choses très fort parfois, alors je les ressens…
-Ah. Cela va devenir problématique. Comme vous le savez maintenant, nous avons déjà, avec quelques collègues, rencontré des cas comme les vôtres. Vous êtes une dizaine environ, depuis deux ans. Cela fait beaucoup, en peu de temps.
-En effet. Et… qu’en disent vos collègues ?
-Nous avons monté une équipe de recherche, et nous menons actuellement une série de test et d’expérience pour tacher de comprendre ce qui se passe dans notre génome. Mais, nos connaissances dans ce domaine sont très succinctes.
-Ce doit être ennuyeux.
-Plutôt oui. Mais restez immobile s’il vous plait, le SBC n’as pas encore terminé.
-Pardonnez-moi.
Un léger tintement vint contredire le docteur. Camert se redressa, satisfait. Le docteur disparut derrière un écran de contrôle. Il réapparut, songeur.
-Vous aussi.
-Je vous demande pardon ?
-Vous présentez vous aussi, une activité anormale dans les lobes frontaux. C’est parfaitement proportionné sur les hémisphères de votre cerveau, et c’est exactement les mêmes schémas neuronaux que chez les autres patients.
-Sommes-nous malades, docteur ?
-Avez-vous des hallucinations ? Des visions ? Des troubles de la mémoire immédiate ?
-Pas que je sache. Je ne me sens pas nerveux non plus, ni plus détendu que d’habitude. Je me sens serein. Aussi serein qu’avant.
-Quand est-ce apparu ?
-Il y a quelques mois.
-Et qu’avez-vous ressenti ?
-Et bien… Ca m’amusait. Je n’ai jamais ressenti le moindre stress, et j’avoue que je trouvais ça amusant.
-Et maintenant ?
-Ma foi… C’est fâcheux. Parce que je ne peux partager cela avec personne, et comme vous l’avez dit vous même, c’est très indiscret de fouiller les esprits des autres.
-Je vois. Je vous propose de rencontrer les autres patients. Nous allons avoir besoin de votre contribution, nous devons savoir ce qui se passe, et surtout, nous aurons besoin d’aide pour accueillir les futurs télépathes.
-Vous pensez que…
-Je ne vois pas pourquoi vous seriez les seuls.
-Avec plaisir alors docteur. J’avoue que la perspective de ne plus être seul me rassure quelque peu.
-Je vous comprends mon cher.
***
Le conseil du gouvernement, dans la chambre de gouvernance de Dali, la capitale de la planète, était en ébullition… Tous étaient calmes. Seuls, les froissements de papier que produisaient les pages du rapport qu’ils lisaient, trahissaient leur étonnement, et leur agitation. Ce fut finalement le primat qui rompit le silence.
-Messieurs, nous avons maintenant la certitude que notre race, nos enfants, et tous nos descendants, vont devenir télépathes. Cela prendra des années avant que la totalité de la population ne soit totalement évoluée et rendue à ce stade. La question est : que faisons-nous des primo télépathes ? Il est certain qu’ils se sentent un peu seuls, et cela se comprend. Je ne voudrais pas non plus qu’ils se sentent isolés, voire exclus de notre société, car, il faut bien le reconnaître, ils sont notre futur.
-Primat, fit l’un des gouverneurs, que savons exactement sur les circonstances de cette évolution ?
-Peu de chose.
-Selon moi, et je pense que mes confrères me suivront dans cette voie, nous devons savoir ce qui se passe réellement avant de prendre une décision aussi importante.
-Pour cela, fit un autre, il nous faudrait déterminer avec précision les évolutions que nous allons subir avec le temps, et donc tenter de retracer la chronologie de l’évolution de notre espèce.
-Ainsi, selon vous, s’exclama un troisième, il nous faudra revenir sur notre passé ?
-Surtout sur la chronologie précise de l’évolution de notre espèce.
-Mais pour cela… Il nous faudrait retourner dans le passé ?
-Primat…
-Attendez… Calmons-nous tous. Il est vrai que notre avenir est important, et que cette évolution nous concerne tous et nous devons réagir avec justesse, et surtout comprendre ce qui nous attends et ce que nous allons devenir. Je sais que tous, vous comprenez que l’apparition de la télépathie marque pour notre race une grande étape, et nous confère de grandes possibilités, je pense notamment à notre programme d’exploration spatiale, qui devrait être lancé, si tout va bien, dans les prochaines décennies. Aussi, je propose que l’équipe de recherche qui travaille déjà sur ce sujet fasse des propositions sur les recherches à mener pour déterminer les évolutions à venir, et pour en déterminer le cheminement, passé et futur.
Cette proposition fut applaudie par l’assemblée, et les travaux d’études reprirent.
***
Camert et les autres se trouvaient dans une salle d’étude. Les murs, couleur bleue pâle, étaient étudiés pour reposer l’esprit. Le calme plat qui y régnait était seulement troublé par le tintement léger des claviers holographiques sur lesquels ils étaient penchés. Il se redressa avec un soupir de satisfaction. Ces questionnaires pouvaient parfois être ennuyeux.
Ses congénères lui adressèrent à peine un regard.
-J’ai fini.
-Nous savons.
-Oh pardon, j’ai pensé trop fort peut-être ?
-Tu n’es pas aussi habitué que nous, cela te prendra quelques semaines avant que tu ne maitrise vraiment la télépathie. Ne t’en fais pas.
-Et vous ? Avez-vous fini ?
-Oui
-Oui.
Tous les autres relevèrent la tête également. Les données furent envoyées pour traitement par l’ordinateur central…
***
-Voici un bien curieux résultat.
-Oui Primat, mais l’ordinateur central est formel.
-Tout de même, construire une planète ? Est-il bien paramétré cet ordinateur ?
-Primat, voyons ! C’est le fleuron de notre industrie ! De plus, je trouve que son analyse est intéressante et parfaitement logique. Etudier les fondements même de la vie, voilà qui nous donnera toute les clés pour comprendre comment évolue la vie, et à fortiori, notre espèce.
-Tout de même, une planète…
-En fait, il s’agirait plutôt d’un système solaire, ce serait, plus… Complet.
-Tout de même… Voilà qui va demander des années de travail, et cela va certainement reporter notre programme d’exploration spatial.
-De quelques décennies, tout au plus. Nous avons le temps…
-Pas tant que ça. Je suggère l’emploi des accélérateurs temporels pour la formation du système solaire. Plus vite nous aurons les réponses, plus vite nous saurons apporter une réponse satisfaisante au problème qui nous préoccupe.
-Parlons-en à la chambre de gouvernance.
-Je vous suis.
Fin de la première chronique.
et hop, une video marrante pour les joueurs, et sympa pour les autres !
Bonjour à tous et à toutes.
Il lui avait fallu vingt ans. Vingt ans pour comprendre. Vingt ans pour savoir. Vingt ans avant que son fils ne se décide à lui vouer toute la vérité. C’est long vingt ans.
Erwann regardait son fils sans rien dire. Il accusait le choc. Et dire qu’il avait écumé la moitié de la galaxie. Sans ces preuves récoltées un peu partout, Samuel n’aurait jamais rien dit.
-Tu ne dis rien ?
-J’accuse le coup, tu permets ?
-Papa… Je leur avais promis…
-Tu avais promis de mentir à ton père !
-Papa… C’est beaucoup plus important que ça, beaucoup plus important que notre petite vie. Il en va de leur planète à eux !
-Leur planète… il y a longtemps qu’elle n’existe plus, leur planète !
-Comment ça ?
-Tu te souviens de ces types qui sont venus me voir, il y a vingt ans ?
-Après les incidents ? Je me souviens, ils sont venus me voir aussi, pour me poser des questions au sujet de mon bouquin. Pourquoi ?
-Parce qu’ils m’ont proposé d’intégrer un projet de recherches et d’études international. Un programme dont je n’avais pas le droit de parler, évidemment.
-De toute façon, tu n’as jamais été là avant, alors, je n’avais même pas vu de différence…
-C’est pas ça le problème. J’ai intégré ce programme de recherche, parce que je savais que ce que j’avais vécu avant mon amnésie était important. En vingt ans, j’ai appris beaucoup sur ceux qui m’ont lobotomisé.
-Ils le devaient papa…
-Ce sont des monstres !
-C’est toi qui dit ça ? Tu as aidé le gouvernement à leur enlever leur enfant ! Qui est le monstre ?
-Quoi qu’il en soit. Je me suis promené a travers la galaxie, au moyen d’une porte.
-Une porte ?
-Exact. Une porte qui nous a ouvert la voie vers d’autres mondes, d’autres planètes, d’autres civilisations.
-Et tu les a retrouvés ?
-Non. J’ai retrouvé leur planète. Et crois-moi, ce n’est pas beau à voir. Elle est totalement détruite. Ce n’est plus qu’un bout de roche qui flotte dans le froid sidéral.
-Gaëlle…
-Oublie-là ! Elle est morte !
-Et… C’est arrivé quand ?
-D’après les experts, quelques millions d’années !
-Papa… Ils sont venus sur Terre il y a vingt ans… Ils sont encore vivants ! Tu t’es trompé de planète je crois !
-Non ! Je suis formel ! tous les documents, les témoignages, toutes les preuves nous ont conduits sur cette planète morte !
-Alors ils ont déménagés ! Enfin papa, ça ne tiens pas debout !
-Je sais.
-Ah !
-Mais j’ai quand même raison, leur planète est morte !
Samuel se leva. Lui et son père était assis dans le canapé de son appartement. Vingt avaient passés, et pourtant, à chaque fois qu’il pensait à elle, Samuel avait un pincement au cœur. Le temps avait fait son œuvre, il avait peu à peu oublié, et la vie lui avait donné beaucoup de bonheur. Aujourd’hui, à presque quarante ans, il pouvait dire qu’il avait réussi sa vie. Il pouvait le dire, pourtant, il ne le disait jamais.
Il alla dans son bureau particulier et revint avec le transmetteur de Gaëlle, celui qu’elle avait oublié en partant et le tendit à son père.
-Papa, c’est leur transmetteur. C’est avec ça qu’ils communiquent. Il a marché trois ans avant de tomber en panne.
-Tu… lui as parlé après ?
-Oui.
-Et tu me l’as toujours caché !
-Papa… On ne va pas revenir là-dessus ?
-Mouais. Enfin bref. Aujourd’hui, il est presque certain que leur race a disparu. Toutes les civilisations que nous avons rencontrées étaient d’ailleurs persuadées que c’était nous !
-Hein ?
-Que nous étions eux ! Il parait que nous leur ressemblons, et comme nous utilisons leur technologie…
-Evidemment qu’ils nous ressemblent papa…
-Comment ça « évidemment » ??
Samuel se mordit la lèvre. Comment annoncer ça à son père ? Lui-même avait eu du mal à le croire quand il avait compris. D’ailleurs, c’est en écrivant son livre que tout avait éclaté dans sa tête. Il revoyait encore la surprise de Gaëlle, quand il lui avait avoué savoir…
-Papa, ce que je vais te dire va certainement te faire peur, et si jamais tu devais le divulguer, ce serait certainement la fin du monde, du moins, le chaos absolu.
-Quoi encore ? Tu ne crois pas que tu en fais trop ?
-Non papa. S’ils nous ressemblent, c’est parce qu’en fait, c’est nous qui leur ressemblons, c’est eux qui nous ont fait à leur image.
Erwann ne répondit pas. Il ne semblait pas vouloir comprendre. Non, c’était simplement impossible. La race humaine était apparu grâce à un merveilleux miracle. Simplement.
-Papa ?
-Non.
-Quoi non ?
-Non. C’est simplement impossible.
-Tu veux des preuves ? Attends, je reviens.
Samuel retourna à son bureau personnel et en revint cette fois avec un disque optique.
-Sur ce DVH, tu trouveras une vidéo. Elle a été filmé il y a trente milles ans environ. C’est un rapport d’observation d’une équipe scientifique, venue étudier les hommes, pour vérifier que leur développement mental suivait bien les schémas de leurs laboratoires. Prend. Tout est là, ou presque. D’après ce que m’as dit Gaëlle, il y a des tonnes de rapports de ce genre dans leurs archives.
-C’est… Je… Et toi qui prétends que ce ne sont pas des monstres ? En es-tu sûr ? tu te rends compte ? Nous sommes…
-Une expérience ratée, c’est exactement ce que j’ai écris il y a vingt ans.
-Tu aurais du continuer ta carrière littéraire.
-Non papa, je voulais juste que les hommes sachent. Mais comme ils s’en foutent, ils peuvent bien disparaitre maintenant, je n’en ai rien à faire !
-Et ta femme ? Et tes enfants ?
-Nous sommes tous voués à disparaitre papa. Gaëlle me l’as dit. Nous devenons stériles, petit à petit. Tu n’as qu’as regarder les naissances : il y a de moins en moins de garçon qui naissent.
-Mais ce sont des monstres ! Ils sont ignobles !
-Non papa. C’est nous qui sommes ignobles.
-Mais… C’est eux qui nous ont créés !
-Et c’est nous qui avions la charge de cette planète, c’est nous et nous seuls, qui avions les moyens de devenir une civilisation avancée. Au lieu de cela, nous avons massacrés tout ce qui bouge autour de nous. Regarde ce que qu’a provoqué le changement climatique que NOUS avons créé ! Les seuls monstres, papa, c’est nous ! Eux n’ont pas fait grand-chose, ils nous ont créés, nous ont observés, et ont finalement décidés de nous détruire sans violence. Nous sommes trop fiers pour nous en rendre compte, mais nous sommes des destructeurs, et la vie se passera très bien de nous a travers la galaxie. Nous sommes de trop !
-Tu es fou !
-Qu’en sais-tu ? Les connais-tu ?
-Assez ! Ils t’ont retourné le cerveau, ils t’ont manipulé, c’est certain ! Nous avons le droit de vivre !
-Vraiment ? Et tous les massacres que nous avons perpétrés ? Et toutes les espèces disparus par notre faute ? Ils n’avaient pas le droit de vivre ?
-Ca n’as rien à voir !
-Vraiment ?
-Mais qu’est-ce qui te prend ? Pour qui te prends-tu ?
-Pour la seule personne qui a compris que nous sommes une erreur ! Une abbération scientifique. Et pire que tout, nous...
Erwann ne laissa pas finir son fils. Ce qu'il entendait le rendait hors de lui, et la gifle partit, comme un réflexe. Samuel fixa son père une longue minute, sans un mot. Il se leva finalement.
-Sort de chez moi. Et ne reviens jamais papa.
-Je n'avais pas l'intention de revenir de toute façon. Je repars ce soir avec mon équipe d'exploration. Merci pour ce que tu viens de me dire. Maintenant, nous savons où les chercher.
-Ne les provoque pas. Ils sont beaucoup plus puissants que ce que tu peux imaginer. Tu te souviens pas, mais moi, je les ai vus en action. J'ai vu Daneel tenir tête, seul, à toute une brigade des forces de l'ordre.
-Ce que tu ne sais pas, c'est que notre technologie aussi, a évoluée. Nous avons fait de bonnes rencontres, en vingt ans.
Erwann sortit sans dire un mot de plus, sous le regard fermé de Samuel. Avait-il jamais eu de père ? En vingt ans, et avec autant de voyages aux confins de la galaxie, avait-il jamais eu l'occasion de comprendre ? N'y avait-il donc aucun espoir pour l'humanité ?
-Tu avais tort Gaëlle, murmura-t-il. L'humanité est bien perdue. Un homme seul, ne peut rien faire.
Fin de la treizième chronique.
-Où suis-je ?
-Daneel ?
-Gaëlle ? Je ne te vois pas.
-Moi non plus, t’es où ?
-Bienvenu à vous deux.
-Qui est là ?
-Nous sommes la Grande Conscience.
-Ah… Nous sommes morts ?
-Oui Daneel.
-Et Elora ?
-Elle est morte aussi Gaëlle.
-Non ?! Pas elle !
-Ne sois pas triste. Elle va venir ici aussi. Comme vous pouvez le constater, l’esprit ne meurt jamais. Nous sommes eternel tant que nous vivons.
-C’est étrange cette phrase !
-Oui Daneel, pourtant, elle est bien plus vraie que tu ne le crois.
-Oui, je veux bien, mais…
-Vous pouvez rester ici pour comprendre, si vous le voulez, mais vous finirez par fusionner avec nous.
-Euh… Et nous cesserons de vivre ?
-En tant qu’individu, oui. En tant qu’esprit pur, non.
-Daneel…
-Oui… Je sais… Moi aussi, j’ai envie de vivre.
-On repart alors ?
-Oui.
-Tous les deux ?
-Tu crois qu’on peut se retrouver ?
-Vous ne vous souviendrez plus de rien en retournant à la matière, sachez-le. Et puis, il est fort probable, qu’avec l’exploit que vous venez d’accomplir, vous ne viviez pas la même chose.
-Tant mieux !
-Oui, c’est vrai, même si on a bien vécu, ce fut éprouvant. Vraiment. Trop de morts. Trop de haine et de regrets.
-Alors vous repartez ?
-Oui.
-Oui. On essaiera de se retrouver.
-Oui, on essaiera. Adieu Gaëlle.
-Adieu mon amour.
***
-Salut.
-Salut.
-Moi c’est Daniel.
-Moi c’est Gaëlle.
-Ca te dirait… de prendre un verre ?
-J’ai déjà un petit ami.
-Ah.
-Oui, d’ailleurs… le voilà.
-Ah.
-T’es bizarre, toi.
-C’est juste… Non rien, oublie ça.
-Qu’est-ce qu’il voulait ?
-Rien.
-Te fous pas de moi, il te draguait ?
-Oh, ne sois pas jaloux.
-Je ne suis pas jaloux !
-Samuel ! Je lis en toi comme un livre ouvert, ça se voit !
-Oh ça va !
-N’empêche, j’ai comme l’impression de l’avoir déjà vu quelque part…
-Ah bon ?
-Ouais c’est bizarre…
-Bon tu viens ?
-Oui.
Gaëlle se leva et suivit Samuel, chassant cette pensée de son esprit. Après tout, ce n’était rien.
***
Daniel avait fait demi-tour. Il gardait en lui cette impression de déjà vu. Bizarre.
-Alors mec ?
-Salut Youenn, ca gaze ?
-T’as l’air bizarre !
-Ah bon ? C’est rien. Juste une impression.
-Et elle s’appelle ?
-Sois pas con !
-Allez raconte !
-Ah ca va !
-Oh oui, j’ai vu ! Mais elle a un mec, va falloir t’accrocher mon gars !
-Arrêtes tu veux, elle a un mec !
-C’est toi qui veux la draguer !
-Non, c’est juste… J’ai l’impression de la connaitre, c’est tout.
-Ah bon ?
-Ouais c’est bizarre…
-Bon tu viens ?
-Oui.
Les deux amis filèrent droit à l’amphi D, cours de Géologie.
***
-Et tu ne l’as jamais revue ?
-Non.
-Tu dois être triste.
-Non.
-Sûr ?
-Oui.
- On ne dirait pas.
-Elsa, s’il te plait… Faut pas t’en faire. C’est juste une nana pour qui j’avais craqué. Un béguin, c’est tout.
-Oui.
-Allez mon cœur…
-Pourquoi tu m’as parlé d’elle alors ?
-Je sais pas. Je viens d’y repenser tout-à-coup. Il fallait que je trouve un prénom…
-C’est elle dans ton livre ?
-Oui.
-Je vois.
-Non, tu vois pas. Tu crois voir. Mais y’a rien. Je t’aime. C’est pas parce que je pense à une fille que j’ai à peine connu que je vais tout plaquer, toi et le bébé y compris enfin !
-Oui, ben tu en a fais l’héroïne de ton bouquin !
-Et Elora aussi ! Et Youenn, et son père ! Et le gros aussi ! J’ai mis beaucoup de moi dans cette histoire, j’ai fais des clins d’œil à tous mes amis, tous les gens qui me sont chers, et à ceux qui m’ont inspiré, pour autant, c’est pas la réalité !
-Oui mais bon…
-Chérie, enfin… Allez, arrête de t’en faire, hein ?
-Je t’aime.
-Moi aussi je t’aime. Allez viens dans mes bras.
Daniel souriait, un peu jaune, mais il souriait. Quand même, elle était énervante en ce moment ! Le moindre truc, elle se mettait à pleurer ! Bonjour les femmes enceintes ! Comme une femme, mais en pire ! Pourtant, il l’aimait, sa caractérielle de nana ! Et puis quand même, le fait qu’ils soient bientôt parents, ca ne devrait pas la rassurer ? Ben non ! Il soupira.
-Tu le sais pourtant que je suis là, hein ? Je serais toujours là.
-Oui. Je sais.
-Bon. Alors c’est bien.
-Tu sais, je suis sûre qu’il est bon ton livre.
-Oula, si j’arrive à le faire éditer un jour…
-T’y arriveras ! J’en suis sûr. On y croit à ton histoire, c’est tellement… cohérent.
-Merci.
Daniel ne répondit rien, mais, tout au fond de lui, et ce, malgré le fait qu’il se répétât à longueur de journée que c’était pure folie et invention, malgré tout, une petite flamme brulait, une petite flamme qui lui disait : « Et si c’était vrai ? »
Fin de la douzième chronique.

ouah ca y est j'ai péché un rageux ! et merci pour la faute, j'avais pas vu !! read more
on Faut-il tuer Nicolas Sarkozy ?